Zoom sur... la calorie
FRANCE, 23 février 2010 (Toute la diététique ! Pro)
Quoi de plus universel que la calorie que l'on compte dans l'assiette avec la précision (maleureusement supposée...) d'un apothicaire, que l'on utilise pour mesurer la « dépense énergétique » (au pourcentage près...) et qui dans tous les cas sert de « monnaie énergétique » universelle, convertissable et transposable a merci dans tous les domaines sans toujours bien tenir compte des limites et des contraintes que cette notion impose...
« Les calories » : de l'assiette à la cellule
La grande difficulté de ce sujet est lié à son objet même : l'énergétique, difficile à définir, à quantifier et à interpréter, notamment en physiologie humaine et en nutrition. Indispensable, quoique pas toujours bien utilisée, la calorie est extrêmement pratique mais sa généralisation et le caractère péremptoire des conclusions parfois retirées est sans doute excessif. Ainsi, les « calories » ne sont pas totalement équivalentes selon leur origine (glucides lipides pour simplifier, en témoignent les régimes dissociés !), leur utilisation (selon le tissu et/ou la voie métabolique considérée), l'état physiologique intégré (croissance, réponse inflammatoire, jeûne, exercice, maladie), etc.
De manière simplifiée, l'énergie caractérise l'état de la matière (son degré d'organisation ou « d'ordre ») ce qui est évidemment très difficile à quantifier. Du fait de cette difficulté on a cherché à mesurer les transferts d'énergie, c'est-à-dire le passage de l'ordre au « désordre » (entropie) d'un corps, qui de ce fait peut gagner ou perdre de l'énergie selon qu'il s'organise ou se désorganise (glace, liquide, vapeur par exemple). Bien sûr ces échanges se font dans le cadre d'un système global qui doit obéir aux lois de la thermodynamique : la somme totale de l'énergie (« ordre plus désordre ») est constante [rien ne se perd rien ne se créé...) mais les échanges se font toujours dans le sens d'une diminution de l'ordre et d'une augmentation du désordre (l'entropie de l'univers augmente).
La Vie est une magistrale exception au second principe de la thermodynamique puisque la synthèse de chacun de ses constituants (protéine, membrane, cellule, etc.) correspond à la création d'ordre et donc à la diminution de l'entropie de ses constituants. Cette « négentropie » (E. Schrodinger) ne se conçoit que si l'énergie utilisée pour le travail d'acquisition de l'ordre biologique de nos constituants est puisée dans l'environnement, créant de ce fait davantage de désordre environnemental. Le contenu énergétique d'un individu est représenté par la somme de l'organisation de tous ses constituants. Lorsque la masse corporelle, et/ou, sa composition varie, la « quantité d'énergie » contenue varie, mais cette quantité est impossible à mesure dans l'absolu. La dépense énergétique correspond à l'augmentation de l'entropie de notre environnement générée pour assurer la maintenance de la Vie.
Du transfert d'énergie à la calorie
Pour simplifier et faciliter cette mesure, il a été décidé arbitrairement que les variations d'état seraient toutes converties en variation de température, de ce fait les transferts d'énergie sont exprimés en chaleur (enthalpie), ce qui nous amène à la calorie. Cependant, il est important de bien réaliser les simplifications que cela impose et de ce fait les limites d'interprétation. Pour illustrer ce type de difficultés on peut prendre l'exemple d'une automobile. Ainsi, au lieu de parler de consommation d'essence on parlerait de la chaleur produite par le système qui, évidemment, varie selon le moteur, la route, la conduite, l'environnement (résistance de l'air), le confort (climatisation), etc. et l'on voit bien de ce fait qu'un même déplacement peut être effectué dans des conditions de production de chaleur bien différentes selon le véhicule, le chauffeur, le confort, l'environnement, etc. C'est ici que la question du coût de la Vie nous entraine vers des perspectives complexes alliant biologie et philosophie.
Si la masse corporelle d'un sujet ne varie pas (ce qui est bien sûr le cas sur une petite échelle de temps), qu'il reste à la même altitude et qu'il n'effectue pas de travail mécanique externe, alors son bilan énergétique est nul par définition (le rendement de la Vie est égal à zéro...), toute l'énergie est alors convertie en entropie, donc en chaleur, et de ce fait peut être exprimée en calories, base théorique de la calorimétrie. Ainsi, en termes quantitatifs le bilan est nul (la thermodynamique ne considérant que le bilan état initial - état final, quel que soit le chemin parcouru), reste donc à apprécier le bilan qualitatif, c'est à dire justement le chemin parcouru... On voit bien l'intérêt et la difficulté de ce frottement entre les mondes Quantitatif et Qualitatif.
Le poids de l'adaptation et de l'anticipation
Dans cet ordre d'idée il est intéressant de considérer et de comparer les « calories », c'est-à-dire en fait les échanges énergétiques, correspondant aux grandes fonctions cellulaires (synthèse, transport, signalisation, multiplication, dégradation, etc.), aux différents tissus et leurs spécificités (cerveau, cœur, foie et rein représentent 5% du poids corporel et 60% des dépenses énergétiques), des contraintes intégrées (états physiologiques) et des échanges inter-organes qu'elles supposent. Il est évident que les éléments « stratégiques » d'adaptation et d'anticipation représentent également des coûts très importants : boucles de redondance concernant les fonctions majeures, anticipation d'événements rares et potentiellement dangereux, coût d'entretien et de renouvellement : recyclage de différents constituants : base de l'évolution et de l'adaptation (on défait l'existant pour le refaire à l'identique en se gardant la capacité de petites variations permettant l'adaptation à des changements environnementaux).
Bien sûr, ces coûts peuvent être réduits pour faire des « économies » (jeûne, dénutrition) mais cela augmente certains risques aléatoires et leur gestion ; inversement l'augmentation de la sécurité (accroissement des réserves) ou des nécessités d'adaptation (en pathologie par exemple avec les besoins accru de synthèse, ou l'accélération des renouvellements) représente un « surcoût » qui peut être impérieux, même s'il met en danger d'autres fonctions évalués par l'organisme comme moins prioritaire (fonction de reproduction et sévère dénutrition) dans l'état et à l'instant donnés. Les caractéristiques (paramètres d'intérêt et signaux, voies d'intégration et voies effectrices) de cette gestion permanente des priorités et de leurs aspects « coût/bénéfice » au service de la Vie et de sa permanente adaptation sont encore largement inconnue et représentent un enjeu majeur des recherches, non seulement de la bioénergétique, mais plus généralement de notre compréhension du Vivant à travers ce qu'il est convenu d'appeler la biologie intégrative ou systémique.
(Xavier Leverve, INSERM U884 "Bioénergétique Fondamentale et Appliquée", Université Joseph Fourrier - Grenoble, Direction Scientifique Alimentation - INRA, "« Les calories » : de l'assiette à la cellule" - 50ème JAND - 29 janvier 2010)
Validé par Alexandre Glouchkoff, diététicien nutritionniste. Lien d'intérêt : Aucun
>> Qui veut vraiment une réglementation plus stricte de la publicité alimentaire envers les enfants ?
>> Innovation et reformulation des produits alimentaires pour une meilleure santé ?
>> Perdre du poids sans se priver ?
>> Le régime « idéal » pour perdre du poids
>> KcalMe, l’allié des femmes au quotidien !
>> Le bon choix pour la santé et la ligne
>> Prendre bon petit déjeuner n'aide pas forcément à perdre du poids
>> Dîne avec une fourchette : la méthode Forking
>> Pourquoi être au régime est bon pour le cerveau ?
>> Perdre du poids : une question de calories ?
>> La piperine et son rôle dans la biodisponibilité du resveratrol
>> L’accompagnement à distance ou coaching : la preuve scientifique de son efficacité pour le suivi médical ?
>> Le sucre de bouleau Vivis, un nouveau sucre "santé" pour toute la famille
>> Avec Kitchendiet, les premiers repas frais minceur arrivent en pharmacie
>> Du lait pour mieux contrôler l’appétit
>> Perte de poids : La pilule Alli pourrait être associée à un risque d’insuffisance rénale
Réagissez !
Compass Group France innove sur le marché de la restauration rapide
L’intolérance au lactose : un problème ou une maladie ?
Le goût et le coût des aliments
Carence en fer chronique du grand enfant et de l'adulte
Les suppléments alimentaires végétaux sous la loupe- Voir d'autres suggestions
Le goût et le coût des aliments
Les dessous des régimes amaigrissants : raisons et déraisons
Pour en finir avec le mythe du « régime préhistorique »
Ces bactéries qui nous veulent du bien : à la découverte de notre...
Nutrition et régénération cellulaire- Voir d'autres suggestions
Entre fourchette et baguettes : plaisir et sagesse au menu
Maigrir à Brides 2011, le magazine à feuilleter en ligne
L'alimentation durable pour la santé de l'homme et de la planète
L’obésité et l’économie de la prévention : Objectif santé
Cacophonie alimentaire et nutritionnelle- Voir les autres suggestions
- >> Charge glycémique et profil inflammatoire des sujets obèses
- >> Antioxydants et maladie d'Alzheimer
- >> Consommation de viandes : quel impact sur l’IMC ?
- >> La restriction énergétique n’est peut-être pas le seul levier à utiliser pour obtenir une perte de poids ?
- >> Café et dépression : quels effets ?
- >> Allergies et intolérances : toutes les erreurs à éviter !
- >> Poursuivre l'allaitement après 6 mois évite le surpoids à 1 an
- >> Bien mâcher pourrait aider à perdre du poids en modulant la sécrétion d’hormones satiétogènes
- >> L’EFSA est infiltrée par les lobbies de l’industrie chimique !
- >> Nouvelle mention « Nourri sans OGM » officialisée
- Voir d'autres suggestions
- >> Un squeezer pour Les 4 Saisons
- >> Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les allergènes du blé !
- >> Existe-t-il une prédisposition familiale à l'agrégation ?
- >> Une étude sur l'arachide et la noix ne montre que…peanut !
- >> Royaume-Uni : le prix élevé des aliments reste la préoccupation 1ère des Britanniques
- >> Le Groupe Casino lauréat du Grand Prix ESSEC 2012 de la distribution responsable pour l’ensemble de sa politique de RSE
- >> Le groupe Bel annonce la construction d’une nouvelle usine de production aux États-Unis
- >> Espagne : plusieurs candidats à la reprise de Dhul
- >> Italie : les jambons Franchi sont à vendre
- >> Casino va perdre le contrôle de sa foncière
- Voir d'autres suggestions
- >> Specific Goals In Nutrition Needed To Improve Diabetes Diet
- >> High Recurrence Of Shoulder Instability, Better Arthroscopic Repair Outcomes: Army Studies
- >> Long-Term Success Of Hip Resurfacing May Be Impaired By Excessive Sporting Activity
- >> Exercise Increasingly Recommended By Doctors, CDC
- >> Injuries In Overweight And Obese Children More Often From 'Low-Energy' Impact
- >> Plastic Surgeries Continue To Grow, Despite Sluggish Economy, USA
- >> Teaching Older Drivers To Avoid Car Crashes
- >> Potentially Important New Mechanisms Found Anti-Aging Effects of Resveratrol
- >> Acute Lung Injury Patients Don't Benefit From Less Nutritional Support
- >> Mettler Toledo targets emerging market expansion as demand holds up in 2011
- Voir d'autres suggestions








