Manger sain pour éviter l'obésité abdominale
FRANCE, 31 mai 2010 (Toute la diététique ! Pro)
Dans le monde, plus d'un milliard d'individus sont en surpoids dont près d'un tiers sont obèses [1]. Le surpoids et l'obésité augmentent les risques de nombreuses pathologies chroniques et réduisent la durée et la qualité de la vie. Si des multiples facteurs (environnementaux, génétiques et comportementaux) contribuant à cette épidémie actuelle, il existe toujours à la base un problème de bilan énergique positif. L'alimentation est l'un des facteurs de risque modifiable.
Cet article [2] se focalise sur l'étude des relations entre l'adiposité abdominale et la qualité de l'alimentation et repose sur une analyse statistique secondaire des données de l'enquête NHANES III (Third National Health and Nutrition Examination Survey ).
Plus de 15 000 sujets étudiés
Des questionnaires alimentaires rétrospectifs sur 24 heures ont permis d'établir un Indice d'Alimentation Saine (IAS). Des données cliniques concernant le Tour de Taille (TT) ont été recueillies par des professionnels de l'étude NHANES III. Notre étude portait sur les participants de NHANES III (à l'exception des femmes enceintes) âgés de plus de 20 ans, dont on disposait des données IAS et TT (n 15 658). (Les données d'IAS établies à partir des rappels des dernières 24 heures sont disponibles sur le site http://www.cdc.gov/nchs/nhanes.htm).
Le score global IAS et les scores pour 10 composants individuels ont été analysés en relation avec l'adiposité abdominale. Les scores individuels portaient sur les produits alimentaires suivants :
- produits laitiers,
- fruits,
- céréales,
- produits carnés,
- légumes,
- lipides totaux,
- graisses saturées,
- sodium,
- cholestérol alimentaire,
- diversité.
La consommation de fruits est associée à un moindre risque d'obésité abdominale
Les scores composites individuels pour les facteurs suivants : graisses saturées, diversité alimentaire et fruits étaient liés au risque d'obésité abdominale. La prévalence de l'obésité abdominale était plus élevée chez les femmes que chez les hommes, avec plus d'un tiers présentant une obésité abdominale. Une meilleure qualité nutritionnelle globale, évaluée selon le score IAS, était liée à un moindre risque d'obésité abdominale chez les hommes aussi bien que les femmes. Chez les hommes, une faible consommation de graisses saturées et une plus grande diversité alimentaire étaient associées à un risque réduit d'obésité abdominale.
Chez les femmes, une consommation importante de fruits était associée à un moindre risque d'obésité abdominale. Ainsi, notre étude révèle que la qualité nutritionnelle globale, ainsi que certaines mesures nutritionnelles spécifiques, sont reliées au risque d'obésité abdominale.
Des différences entre les hommes et les femmes
Bien que la meilleure protection contre l'adiposité abdominale consiste en des apports énergétiques équilibrés, reposant sur une alimentation saine et une activité physique régulière, notre étude indique que la consommation de certains aliments, associés à une meilleure qualité nutritionnelle, peut être un moyen de combattre l'adiposité abdominale.
Elle indique également que des différences existent entre les hommes et les femmes. Les hommes tirent plus de bénéfices d'une réduction de la consommation d'acides gras saturés et d'une alimentation diversifiée, alors que pour les femmes, ce bénéfice provient d'une consommation de fruits répondant aux recommandations nutritionnelles.
Selon notre étude, les consommations correspondant aux recommandations protègent contre l'obésité abdominale. Ces résultats sont d'autant plus importants que ce type d'obésité est associé à de nombreuses maladies chroniques et à un risque de mortalité accru [3].
Références :
- Obesity and Overweight. WorLd Health Organization. "Global strategy on diet, physical activity and health".
- Tande DL, Magel R, Strand BN. Healthy Eating Index and abdominal obesity. Public Health Nutrition. Public Health Nutrition. 2009 August 5:1-7. [Epub ahead of print]
- Zhang C, Rexrode KM, van Dam RM, Li TY, Hu FB. Abdominal obesity and risk of all-cause, cardiovascu lar, and cancer mortality: Sixteen years of follow-up in USwomen. Circulation. 2008;117:1658-1667.
(Tande DL, Magel R, Strand BN, Département des Sciences de la Santé, de la Nutrition et de l'Exercice et Département de Statistiques, Université d'Etat du Dakota du Nord, USA - Equation Nutrition n°95, Février 2010)
Source : APRIFEL
Validé par Alexandre Glouchkoff, diététicien nutritionniste. Lien d'intérêt : Aucun
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